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Open-Source, gratuit ou payant ?

Depuis la grande émergence de l’open source, des solutions GNU ( gratuites ) comme osCommerce puis PrestaShop et Magento ont coupé l’herbe sous le pied des éditeurs sur le marché d’entrée de gamme de PME. Je vais donc parler de mon expérience personnelle de chaque côté de la barrière.

Comment fait-on de l’Open-Source en GNU ?

Après avoir passé un an dans une agence du nord, j’ai vu le développement d’une solution e-commerce Open Source jour après jour. Je n’étais que chef de projet mais j’ai vite compris que la rentabilité n’était pas encore à portée de main.

Principe : La R&D dépend essentiellement des commandes passées par les clients. Du coup, une fonctionnalité clé manquante va manquer pendant un long moment si personne n’arrive à la facturer.

Problème : La licence étant “gratuite”, les équipes sont parasitées par les développements spécifiques ( et les intégrations ) qui sont récurrents voire systématiques durant toute la phase de développement jusqu’à la v1.0. En plus, vu le prix facturé au jour / homme lorsque la solution ou l’entreprise n’ont pas de notoriété, il faut faire du quantitatif ce qui n’arrange rien.

La finalité : Il y a plusieurs solutions pour rentabiliser un investissement dans l’Open Source et étrangement, elles passent souvent par de la vente de produits ou de services liés à la solution voire d’une version supérieure et donc “indispensable” qui est malheureusement payante.

Inconvénient majeur : Le support ! Si l’on prend en compte le fonctionnement de PrestaShop par exemple, un moteur gratuit et des modules payants, Prestashop n’assure aucun support pour ces derniers, il faut toujours se tourner vers une agence tierce ou vers la communauté et ses dizaines de solutions en fonction de la version que l’on possède. En tenant compte du turnover important chez les web-agencies en France tout comme du fait que certains modules ont été développés par des indépendants dont la situation a pu évoluer depuis, le support et l’accompagnement sont totalement délégués à des prestataires ou à la communauté. D’après les retours des marchands qui ont eu des problèmes techniques avec les solutions OpenSource, les conséquences de l’absence de support entrainent souvent d’énormes pertes en terme de temps, de chiffre d’affaire ou de correction de bugs. Au final, les fameux 5000€ HT tout compris pour un site e-commerce volent en éclat. Mais ce n’est pas le problème de l’éditeur de la solution OpenSource !

 

Comment fait-on de l’Open-Source en licence logicielle ?

Contrairement aux légendes urbaines que répandent beaucoup de FAI et d’agences, l’Open-Source n’est pas nécessairement gratuit. L’époque des solutions “fermées” est globalement révolue, un principe de transparence du code source et de possibilité d’intervention du marchand sur ses fichiers a fait son chemin pour devenir un service “gratuit” ou “intégré” aux prestations. L’Open-Source payant est une nécessité pour les éditeurs qui souhaitent assurer un support et un accompagnement global.

Problème : La licence étant “payante”, les solutions éditeur doivent nécessairement intégrer des avantages par rapport aux solutions gratuites. Avantages qui se caractérisent en général par des fonctionnalités plus nombreuses, des mises-à-jour logicielles régulières, un support technique constant et souvent un accompagnement sur la durée. De plus, le prix de la licence faisant gonfler le prix final du site internet, peu de solutions payantes sont adressées aux TPE et aux auto-entrepreneurs.

La finalité : Le prix de la licence finance la Recherche et Développement, les développements spécifiques ne coupent pas l’évolution de la solution et sont plus rapides, plus fiables et donc moins onéreux que s’ils étaient effectués par des tiers. Un éditeur peut ouvrir ses prestations de manière à tirer vers le haut ses clients en enrichissant sa solution et en dédiant des ressources humaines au suivi et au conseil.

Inconvénient majeur : Le prix. C’est une mentalité franco-française qui fait que les solutions payantes survivent difficilement en France. Le marché Français étant rongé par un esprit GNU ( “tout gratuit !” ) et là où 5000€ HT pour un site “modeste” est une référence chez nous, débourser 25000€ HT pour une licence est justifié en Allemagne. De fait, les solutions éditeur Françaises sont mal aimées par un public qui n’est pas encore mûr, malgré l’excellent niveau d’équipement des ménages et entreprises françaises, notre mentalité est très en retard sur celle de nos voisins. C’est un constat de plus d’une décennie qui est regrettable lorsque l’on remarque que les investissements bien placés payent quasi-systématiquement dans ce secteur.

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